SDIS13 - Sapeurs Pompiers des Bouches du Rhône

Vous êtes dans : Accueil / Toute l'actualité / Articles / Formation / Quand les pompiers doivent aussi éteindre les ''violences urbaines''

Quand les pompiers doivent aussi éteindre les ''violences urbaines''

22 Mai 2017 Velaux
5 Copie

Les pompiers du 13 suivent des formations "violences urbaines" pour anticiper les agressions sur interventions.

 

Imaginez… Vous êtes appelés en zone prioritaire de sécurité, pour intervenir sur un incendie. Avec risque de propagation sur une cité voisine. À votre arrivée, un groupe de trois individus s’approche. Ils la jouent nonchalante, provocatrice puis agressive". Voilà pour le scénario proposé à des pompiers lors d’un stage sur les violences urbaines, au centre départemental de formation, à Velaux.

Un stage qui s’explique d’abord par le contexte : en 2016, les pompiers des Bouches-du-Rhône ont subi 41 agressions (physiques et verbales), et recensent 13 agressions (physiques et verbales confondues) en 2017. En 2015, 55 plaintes avaient été déposées.

 

1 Copie

 

2 Copie

 

"Protéger les personnels dont l’intégrité physique peut être menacée est un souci constant. Le but est d’assimiler les conduites à tenir en termes de savoir être et de comportement, dans des situations de violences urbaines quand ils sont en intervention. Chefs d’agrès, chefs d’équipes, équipiers… il s’agit de faire former tous les premiers intervenants dans ces situations" , explique le commandant Christian Medani, du Sdis 13 (service départemental d’incendie et secours).

Cinq jours durant, ces sapeurs-pompiers délaissent lances et tuyaux, pour venir se former avec Cédric Laurie, directeur du cabinet OFAPS (organisation formation assistance protection et sûreté), une structure spécialisée dans la protection des entreprises, personnels, collaborateurs…

 

3 Copie

 

4 Copie

 

5 Copie

 

"Cette formation est orientée sur la gestion de l’agression, verbale ou physique, via deux modules complémentaires : le Gappec -gestion de l’agression d’une personne physique en crise -, un concept mis en place dans le domaine de la psychiatrie, que j’ai fondé et déposé. Le but est de se protéger et de pouvoir intervenir. Puis ce Gappec est complété par la formation sur les violences urbaines". Ce second volet concerne les phénomènes de groupe, "et il faut adapter les méthodologies", détaille Cédric Laurie, par ailleurs expert auprès de l’Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice.

 

6 Copie

 

7 Copie

 

Observer, prévoir, s’adapter, ré- pète le formateur, conscient que l’ADN du métier de pompier, ce n’est pas la sûreté : "Votre rôle n’est pas de gérer la violence, mais de porter secours. Vous êtes dans l’humain, l’altruisme, la question étant d’intégrer la possible violence, l’agression", concède le formateur qui, après ce constat liminaire, balaie les questionnements qui peuvent assaillir les secouristes sur le terrain.

 

8 Copie

 

Le danger est-il faible, stable, modéré ou élevé ? Comment gérer la crise sans générer de dommage corporel ? Comment ne pas se rendre vulnérable par un manque de discernement ? Certains pompiers, durant le cours, évoquent des incidents qu’ils ont connus : "On rebondit, on se sert des expériences sur le terrain pour nourrir la formation", même si chaque situation est unique. Sur le parking, les pompiers se mettent en situation, interpellés puis agressés par de faux intrus. On lève les bras, le ton monte et les mains aussi. "Que faut-il mettre en place pour ne pas sortir de sa zone de sécurité ?" , demande Cédric Laurie, en observant le comportement des pompiers, bousculés pour l’exercice : "Oh les pompiers, sortez de chez nous ! Foutez le camp, z’avez rien à faire ici !" , leur hurle-t-on pour les mettre dans l’ambiance. De quoi créer des tensions, transformer une intervention "banale" en un face-à-face tendu. "Qui regarde ?", "Qui anticipe ?", répète le formateur qui les presse de questions. Les pompiers, tout juste descendus de leur camion feu, doivent gérer à la fois le maté- riel de lutte contre l’incendie, et les intrus qui se pressent. "Après l’exercice, on débriefe et on refait les gestes". Une formation fort instructive pour les pompiers. Eux qui ont un jour choisi d’enfiler le casque et l’uniforme pour porter secours. Alors s’il fallait rebrousser chemin parce que les projectiles, pierres et autres bouteilles en verre pleuvent, ce ne serait pas de gaieté de cœur. "Porter assistance, c’est leur mission" .

Celle des pompiers professionnels, celle aussi des pompiers volontaires (environ 80 % des effectifs du Sdis 13). Dès que survient un incident, en tout cas, la chaîne de commandement va à la rencontre du personnel.

 

Source La Provence : Sèverine Battesti-Pardini

 

 

2675.08