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23 Janvier 2012
Cadarache
La terre a tremblé au CEA (Commissariat à l'Energie Atomique et aux Energies Alternatives) de Cadarache et autour du centre, mardi 17 janvier dernier. Plusieurs communes sont impactées.
Un exercice national qui s’appuie sur un séisme de magnitude 5,5 couplé au risque nucléaire. Il est un peu plus de 9h00 Roger Pizot, le maire de Saint-Paul-lez-Durance, reçoit un SMS qui symbolise le début de l'exercice. L'épicentre du séisme est situé à Beaumont-de-Pertuis, à une dizaine de kilomètres du centre. La violence de la secousse a entrainé la rupture des réseaux de communications, d’énergie et des voies de circulation. A l’intérieur du centre de Cadarache trois bâtiments se sont effondrés. Devant l’ampleur des dégâts le directeur du CEA, Maurice Mazière, en concertation avec Hugues Parant, le préfet de région, décident de déclencher le PPI : le plan particulier d'intervention. Parmi les bâtiments endommagés celui dédié à la radioprotection est touché. Les conséquences radiologiques peuvent dépasser les limites du centre. Il s’agit à présent de prendre les mesures sanitaires qui s’imposent. Les cellules de crise se mettent en place dans les communes.
Un poste de commandement opérationnel (PCO) basé au centre de secours « Concors » commune de Jouques est aussi mis en place en relation avec le COD en Préfecture, le COZ à Valabre , le CODIS, le poste de commandement de site, le poste de commandement de l’exploitant et les cellules de crise des communes.
Depuis ce centre opérationnel une cellule anticipation et une cellule mesures sont chargés de transmettre au commandant des opérations de secours le lieutenant-colonel Dumas puis le colonel Luc Jorda les données radiologiques et l’état des situations réalisés en partenariat avec les autres services présents au PCO afin qu’il puisse disposer d’une analyse de la situation et la partager avec le sous-préfet d’Aix, M. Yves Luchesi et les autorités locales. Des propositions d’interventions sont ensuite soumises au COD (centre opérationnel départemental).
Un premier bilan fait état de quatre structures endommagées dont l’installation Pégase, où sont stockés des déchets nucléaires et trois personnes ensevelies sous les décombres dans l’enceinte du CEA. Plusieurs milliers de personnes sont déjà sans abri à l’extérieur. Pour pousser le réalisme les personnels du CEA ont du évacuer leurs bureaux et laboratoires. L’atmosphère de catastrophe (fictive) est à son paroxysme. Les agents des forces locales de sécurité (FLS) et le groupe Intra, spécialiste de l'intervention robotisée en milieu hostile du CEA interviennent pour effectuer les premiers relevés de radioactivité. La cellule mobile d’intervention radiologique et les équipes RAD du SDIS 13 prennent le relais. La présence de plutonium dans l’air est enregistrée. Les secours revêtent les équipements de protection (combinaison, chausson et masque) avant de procéder au sauvetage des victimes.
40 personnes présentes dans le centre, supposées contaminées ont été conduites à la cellule de décontamination où les équipes RAD du SDIS 13 les ont pris en compte. A l’extérieur la situation est dramatique. Les sapeurs-pompiers sont sur tous les fronts. Aux alentours de 15h00 le PCO dresse un premier état de la situation : Hormis le CEA, 7 communes sont impactées Jouques, Venelles , Meyrargues, Vauvenargues, Peyrolles, le Puy Sainte Réparade et Saint Paul lez Durance. Bilan : 253 habitations touchées, 61 emportées et 11 détruites 1106 personnes sans abri et 6 décédées. Au terme de l’exercice le bilan fait état de 9 blessés et 22 personnes contaminées au sein du CEA. Les dégâts à l’extérieur sont plus importants 75 morts, 7500 personnes sans abri et des routes coupées. Ce type d’entrainement est une première en Europe et le 4ème du genre au niveau mondial. Il a permis aux différents acteurs de tester leurs procédures et leurs capacités à travailler ensemble. Pour le SDIS 13, plusieurs objectifs ont été testés en concertation avec les différentes structures de commandement : - la sollicitation des renforts la plus anticipée auprès du COZ - l’organisation des structures de commandement locales et départementales ainsi que le partage des informations - la remontée précoce et le partage des mesures de contrôle de la radioactivité dans l’environnement au moyen de l’outil informatique MIRAGE (management des mesures en intervention-représentation assistée géographiquement dans l’environnement). - la réflexion sur la gestion possible des populations compte tenu de l’incompatibilité des stratégies entre le risque naturel et le risque nucléaire. L’articulation entre une équipe RAD et une équipe SD et entre une chaîne de décontamination de masse et une équipe RAD ont aussi été testés ainsi que la gestion des équipes de mesures de la radioactivité au travers de l’outil MIRAGE . 70 sapeurs-pompiers et 25 engins du SDIS ont participé à l’exercice.
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