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8 Octobre 2008
Les Pennes Mirabeau
La nuit de mardi 7 à mercredi 8 octobre a été marquée par la réalisation d’un exercice de très grande ampleur : une simulation de déraillement d’un TGV dans le tunnel des Pennes-Mirabeau.
200 personnes coincées dans un tunnel long de plusieurs kilomètres, des blessés dont certains gravement, tel est le scénario catastrophe concocté par la préfecture des Bouches-du-Rhone.
L’exercice a été effectué en la présence de M. Michel Sappin, préfet de région, M. Hubert Derache, sous-préfet d’Aix-en-Provence, M. Jean-Pierre Maggi, président du Conseil d’Administration du S.D.I.S. 13 (CASDIS), M. Michel Amiel, maire des Pennes-Mirabeau, M. Richard Martin, maire de Cabriès Calas et de nombreuses autorités du SDIS 13, ainsi que des médias venus en nombre assister à cet entrainement singulier.
Cette manœuvre ferroviaire exceptionnelle de part la durée et les moyens engagés a eu pour but de placer les acteurs opérationnels et d’exploitation en situation de proche réalité. Une occasion de revoir le plan de secours ferroviaire et de vérifier l’adaptabilité des intervenants aux procédures internes.
Les sapeurs-pompiers ont plus particulièrement testé la capacité des moyens matériels et humains à prendre en charge et à évacuer un nombre important de personnes dans les meilleurs délais, ainsi que la capacité des outils de transmissions entre les différents acteurs.
Une mise en place minutieuse
Vers 19h50, les « plastrons » - 200 volontaires de l'école Nationale de Police de Marseille, de L'école Nationale de Police de Fos, des élèves de l’ENSOSP (Ecole Nationale Supérieure des Officiers des Sapeurs Pompiers) et du BMPM (Bataillon des Marins-Pompiers de Marseille) sont briefés à la gare de l’Arbois. Certains, grimés, sont chargés de jouer les victimes, d’autres des agitateurs chargés de perturber autant que faire se peut l’exercice.
Evacuation, transbordement dans un train prévu à cet effet, tout est expliqué en détails par les officiers du SDIS et du BMPM.
21h : tout le monde embarque dans le train. Pour pousser le réalisme au maximum, l’équipage annonce l’arrivée proche du TGV 583011 en gare Saint-Charles.
Soudain, vers 21h30, le train s’arrête brutalement au beau milieu du tunnel des Pennes-Mirabeau, long de 7834 mètres. Les techniciens présents se concertent, évaluent la situation et informent le poste de commandement de la SNCF.
Un mot d’ordre : la réactivité
Aux alentours de 21h40, le CODIS est alerté de l’arrêt soudain du train à grande vitesse. Aussitôt, le premier échelon du dispositif de secours est engagé, soit : - 2 FPT (fourgon pompe tonne) pour assurer l’alimentation du réseau d’eau du tunnel, - la chenillette pour les premières reconnaissances, - la navette d’évacuation ferroviaire (NEF), - 3 ambulances (VSAV), - 2 véhicules légers médicalisés (VLM), - le groupe d'exploration en circuit fermé (GECF), - 1 minibus destiné à l'évacuation des indemnes, - 1 chef de groupe (CDG), - 2 chefs de colonne (CDC), - 1 poste de commandement de colonne (PCC)
Le plan rouge est activé.
Vers 22h10, la navette d’évacuation ferroviaire (NEF) s’engage dans le tunnel pour assurer dans un premier temps la prise en compte des victimes.
Dans le même temps, à l’intérieur du train, les « plastrons » simulent la panique. Les contrôleurs de la SNCF tentent de rassurer les passagers en attendant les secours.
Des voyageurs affolés fuient dans le tunnel. Ils sont récupérés par les équipes de secours sur le chemin.
A 22h20, la NEF arrive sur les lieux de l’accident.
Un début d’intervention est coordonné par la mise en place d’un PC de colonne. Sous l’autorité successive du capitaine Bruno Marcelle, du lieutenant-colonel Marc Vitalbo puis du colonel Luc Jorda, directeur départemental du SDIS 13, les secours s’organisent.
Suite à un premier bilan mettant en évidence 200 impliqués et une vingtaine de blessés, le commandant des opérations de secours (COS) demande l’engagement du deuxième échelon des secours : - Un PMA (poste médical avancé) est mis en place pour accueillir les victimes, - 6 VSAV, - 1 FPT, - 1 ARGO (véhicule amphibie), - 1 poste de commandement de site (PCS),
Tous ces moyens sont coordonnés par, le chef de site, le groupe de commandement et le directeur des secours médicaux (DSM).
Une logistique sans faille
Les moyens engagés par le SDIS 13 sont conséquents : trente sapeurs-pompiers et dix engins sanitaires et incendies à l’entrée du tunnel Cabriès/les Pennes Mirabeau, cinq véhicules supplémentaires et environ quinze soldats du feu sont positionnés au point d’évacuation du puits de Bellepeire.
Les équipes engagées dans le tunnel constatent la présence de 22 blessés et demandent des renforts.
Au plus fort du sinistre, 150 sapeurs-pompiers supplémentaires sont ainsi engagés. Sous l’autorité du COS, les sapeurs-pompiers procèdent à la mise en sécurité des voyageurs et à l’évacuation des victimes.
Aux alentours de 22h35, les unités procèdent au conditionnement adapté à la gravité des blessures de chaque victime avant de les évacuer vers le PMA au moyen de la NEF. Dès leur arrivée, les blessés sont pris en compte par le personnel sanitaire avant d’être transportés avec régulation du Centre 15 vers les centres hospitaliers.
Simultanément, les secours du SDIS 13 mettent en sécurité les indemnes avant l’arrivée du train de transbordement.
A 23h30, les victimes ont été recensées par les secours : on en dénombre 22, dont 15 blessés légers et 7 graves. Les sapeurs-pompiers procèdent au conditionnement des 8 blessés légers avant de les évacuer à bord de la NEF vers les ambulances positionnées à la sortie nord du tunnel. Les victimes sont ensuite conduites vers le poste médical avancé.
A 0h07, la dernière victime est évacuée.
Des objectifs atteints
Vers 0h45, les sapeurs-pompiers ont pris en compte les 3 urgences absolues qu’ils ont évacuées et transportées sur le poste médical avancé. Au total 11 blessés ont été traités par les médecins et les infirmiers du SDIS 13.
Un train de transbordement, mis en place par la SNCF, a évacué les indemnes en gare Saint-Charles.
Vers 3 heures du matin, Monsieur le sous-préfet d'Aix a tenu un débriefing à chaud de l'exercice en présence de l'ensemble des acteurs.
Si quelques procédures de coordination restent encore perfectibles, les objectifs de cet exercice ont été, d'un avis unanime, complètement atteints.
Dans quelques jours, en préfecture de région, un nouveau débriefing aura lieu sous l'autorité de M. Michel Sappin, préfet de région.
Photos : Exercice de grande ampleur dans un tunnel TGV - 07/10/08 |