SDIS13 - Sapeurs Pompiers des Bouches du Rhône
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Interview du colonel Jorda

16 Décembre 2011 DDSIS
Colonel Jorda

Le colonel Luc Jorda, directeur du SDIS 13, répond à certaines questions relatives aux événements récents relatés notamment dans la presse.

Colonel, en cette fin d’année, le SDIS 13 a fait la Une de la rubrique justice de certains médias. Comment l’avez –vous vécu ? :

Vous faites sans doute allusion à l’écho donné par la Provence à la perquisition du 9 décembre dans les locaux du SDIS. Vous imaginez bien sûr que j’ai mal vécu cette situation tout comme l’ensemble des agents du SDIS. Des informations infondées et fausses ont été diffusées de manière malveillante dans la presse. L’image des sapeurs-pompiers a été entachée et cela m’attriste profondément. J’ai toujours dit et je le répète : le SDIS a toujours été serein et le reste. Je rappellerai que les documents demandés aux services dans le cadre de la perquisition avaient été déjà fournis en grande partie, aux autorités. Une plainte déposée devant le Procureur de la République de Marseille, pour dénonciation calomnieuse à l’encontre de 3 agents, contenait déjà ces éléments. Je me félicite de cette saisie officielle de documents qui va démontrer la bonne foi du SDIS.

D’après la presse, le coût affiché du CIREEX est considérable et s’élèverait à 1,2 Millions d’€ : confirmez-vous ce chiffre ?

Après que le SDIS ait conventionné en 2007 avec la société SCT du groupe KTI pour la mise en œuvre et l’exploitation du CIREEX, une analyse de la situation nous a amenés à envisager le rachat des infrastructures. Cela a été réalisé pour un montant net de 500 000 euros TTC et non pas 1,2 millions comme annoncé à tort. Le CIREEX composante de l’EDSP 13, est un outil de formation aux feux industriels et aux risques technologiques performant avec une activité en forte progression.

Que répondez-vous à ceux qui pointent l’existence au SDIS de nombreux recrutements par voie contractuelle plutôt que par la voie statutaire ?

Comme vous le savez, les sapeurs-pompiers professionnels ne peuvent être recrutés que sur liste d’aptitude, les recrutements contractuels ne peuvent concerner donc que des personnels administratifs, techniques et spécialisés (PATS). Au SDIS 13, nous avons 388 PATS dont 29 contractuels recrutés pour des missions spécifiques (informatique, communication, biomédical,…) auxquels il faut ajouter 22 agents pour remplacer du personnel en longue maladie ou en accident. Je rappelle que la moyenne des contractuels dans la fonction publique territoriale est de 23 ,5% des effectifs. Nous sommes environ à 7%, sans commentaires !

Le SDIS 13 a reçu récemment la chambre régionale des comptes : avez-vous eu un retour de ce contrôle ?

Dans le cadre normal du travail de la cour des comptes et de la CRC, le SDIS 13 a fait l’objet d’un contrôle comme 50 autres SDIS en 2011 et 50 en 2010 suite à une préconisation du député Ginesta, rapporteur du financement de la sécurité civile à la commission des finances de l’assemblée. Ce contrôle s’achèvera début 2012. Dès que les rapports de la CRC auront été discutés en conseil d’administration, ils seront rendus publics.

 

La cour des comptes a publié il y a quelques jours une analyse, 10 ans après la départementalisation, du financement et de la gestion des SDIS Que pensez des recommandations préconisées ?

Tout d’abord je regrette que la cour des comptes dans son enquête nationale, n’ait pas mesuré, comme d’autres pays européens, l’impact des vies sauvées et des biens sauvegardés grâce aux interventions des sapeurs-pompiers et en particulier à la modernisation récente des moyens. Si certaines recommandations de ce rapport vont dans le bon sens et sont d’ailleurs appliquées au SDIS13 comme la complémentarité entre les SPV et les SPP ou la fusion de centres de secours (Mollégès/Plan d’Orgon, Ensues/Carry, La Ciotat/Ceyreste, Boulbon/Barbentane, Jouques/Peyrolles...), je ne partage pas l’idée de remettre en cause les contributions communales : les maires doivent rester des interlocuteurs privilégiés des SDIS. Par ailleurs le coût des SDIS ne doit pas être commenté avec une notion de rentabilité ; les coûts dépendent du niveau de sécurité que les élus du Département et du CASDIS souhaitent pour leurs administrés.

La réforme de la filière des sapeurs-pompiers professionnels fait l’objet de nombreuses critiques alors qu’un accord a été signé entre le ministère et certaines organisations syndicales. Comment vous positionnez-vous sur ce dossier ?

Un protocole d’accord concernant les catégories A, B et C de la filière sapeurs-pompiers a été signé le 23 septembre dernier avec des organisations représentatives. Il met en perspective une filière rénovée, plus cohérente et plus attractive pour les sapeurs-pompiers en rétablissant la cohérence des grades et des emplois, en valorisant les compétences et l’expérience acquises tout au long de la carrière, et en permettant au sapeur-pompier d’être acteur de son déroulement de carrière. Toutefois la mise en œuvre de ce protocole doit encore faire l’objet de larges concertations et d’autres points importants tels que l’ajustement du régime indemnitaire des sapeurs-pompiers sont à aborder. Je m’interroge toutefois, compte tenu des contraintes budgétaires imposant une maîtrise des dépenses aux collectivités, du calendrier de mise en œuvre et de l’incidence financière des mesures.

En fin d’année, l’heure est aux bilans et perspectives, quels sont-ils ?

L’année 2011 aura vu un rythme d’interventions toujours aussi soutenu puisqu’au 13 décembre nous atteignons le chiffre de 115 000. Si le bilan de la saison feux de forêts a été très bon avec seulement 183 hectares de brûlés, ce n’est pas seulement grâce à la météo moins défavorable que les années précédentes mais c’est aussi grâce au dispositif préventif mis en œuvre avec la mobilisation au quotidien de 200 à 450 sapeurs-pompiers sur le terrain. Le SDIS a continué à fournir aux sapeurs-pompiers des outils adaptés à leurs missions. Le SDIS a aussi eu l’honneur d’être choisi par le Ministère pour envoyer un détachement au Japon suite à la catastrophe de Fukushima. Nous sommes aussi intervenus lors des problèmes liés aux intempéries de fin d’année. Ceci démontre à la fois la bonne réactivité et la reconnaissance de nos sapeurs-pompiers, professionnels et volontaires au plus haut niveau de l’état. . En 2012, nous continuerons à aller de l’avant avec notamment l’utilisation des nouveaux locaux de l’école départementale, la poursuite du programme de constructions et du plan d’équipement, les recrutements, la campagne de mobilité interne et bien d’autres avancées destinées à améliorer les conditions de travail des agents et la qualité du service public. 2012 sera aussi l’année où tomberont les masques et les fausses accusations dont est victime notre établissement public.

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